50 recettes

Le réfectoire du Temple bouddhiste zen de la Gendronnière : capacité = 400 personnes


A la mi-août, je vais faire à nouveau la cuisine pendant 10 jours pour un groupe de 250 personnes. 3 plats à midi et 2 le soir, ce qui fait 50 recettes à prévoir. Mon objectif principal dans ces circonstances : bien nourrir les participants et leur faire oublier qu’il n’y a pas de viande dans leur assiette.

Outre le fait d’assumer cette grande et belle responsabilité, je voudrais :

  • raconter cette expérience, photos et témoignages à l’appui,
  • m’engager à adapter ces 50 recettes à la dimension d’une famille (pour 4 personnes),
  • et les diffuser sur mon blog d’ici la fin de l’année (mon envie me dirait : le plus tôt possible).

Retraite d’été au temple bouddhiste zen de la Gendronnière

Pour la sixième fois consécutive, je ferai cet été la cuisine lors d’une retraite bouddhiste de 10 jours, la plus fréquentée des six retraites qui se dérouleront au grand temple bouddhiste de la Gendronnière, près de Blois. Lors des cinq « éditions » précédentes, le nombre de participants variait entre 230 et 270 personnes.

La nourriture sera exclusivement végétarienne, avec une majorité de denrées d’origine biologiques, une partie des légumes provenant du très beau potager du temple.

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Le potager du temple

Un challenge à plusieurs niveaux

Un défi personnel : assumer cette responsabilité

Le premier challenge, à titre personnel, est de traverser cette période en cultivant au mieux les qualités nécessaires pour que chacun bénéficie d’une nourriture saine, gouteuse et rassasiante.

Je ne serai heureusement pas seul : Une quinzaine de personnes participeront durant les 10 jours à la cuisine et des volontaires seront régulièrement sollicités pour aider à la découpe des légumes.

Le cuisinier zen, appelé « tenzo », décrit dans le très bel ouvrage du maître Dogen (1200-1253) « Instructions au cuisinier zen« , se doit en effet de cultiver les qualités requises pour incarner au mieux l’enseignement bouddhiste (ni plus ni moins !) :  concentration, discernement, empathie, attention aux autres, sens de l’organisation et de l’écoute

Autant de valeurs que je m’efforcerai (du mieux que je peux) de pratiquer et d’actualiser dans ma fonction, en essayant de me rapprocher autant que possible de l’idéal décrit par Dogen.

Soutenir les participants au cours de la retraite

Le défi ne se déroule pas qu’en cuisine : en participant à une retraite bouddhiste, chaque participant traverse également une « épreuve » au cours de laquelle il ou elle pratiquera entre 4 et 6 heures de méditation assise chaque jour et participera à l’activité du temple : nettoyage, découpe du bois en prévision de l’hiver, récolte de légumes…

Cette période est une expérience très profonde demandant de l’énergie, si bien que la nourriture est un soutien capital. Un autre maître célèbre dénommé Hyakujo, dont les propos ont été repris par Dogen, avait dit en parlant du cuisiner : « Les moines ont droit au bien-être et au réconfort ».

Une retraite bouddhiste n’a rien d’ascétique et il n’est pas question de frustrer les pratiquants avec une nourriture médiocre et peu variée. Au contraire, préparer une cuisine simple, plaisante et nourrissante, est un aspect capital du bon déroulement de la retraite, un don qui à son tour va aider chacun à donner le meilleur de lui-même.

Oublier le goût de la viande

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Le tofu dans la sauteuse : un excellent substitut de viande

Parmi les participants, le nombre de « purs » végétariens est faible. Beaucoup ont une consommation modérée de viande mais arrêter d’en consommer pendant 10 jours complets provoque au départ et chez certains une certaine appréhension.

Une amie me rappelait l’inquiétude d’un homme bien portant venu de la campagne, bon vivant et grand consommateur de viande, et qui disait non sans émotion : « Vais-je défaillir sans viande ? » Quelque jours plus tard, interrogé sur comment il se sentait, il avait expliqué que tout allait bien et que la viande ne lui manquait pas.

Il s’agit ainsi pour moi d’un grand défi avec un enjeu de taille : permettre aux participants d’oublier le goût de la viande. En tant que végétarien et convaincu du bien-fondé de ce mode d’alimentation, je suis en même temps persuadé que les discours, les mises en garde face à la consommation de viande ou encore le fait de plaider en faveur de la cause animale ne sont pas des arguments suffisants.

Il est selon moi nécessaire de pouvoir vérifier par soi-même que les plats végétariens sont en mesure de nous nourrir convenablement, et ce à tous niveaux. Jusqu’à présent et même si des irréductibles partent parfois manger un steak au restaurant du coin, mes précédentes expériences lorsque j’ai assumé cette fonction de cuisinier zen m’ont semblé de ce point de vue particulièrement concluantes.

Mais une fois chez soi ?

50 recettes végétariennes en 10 jours

Des recettes à expérimenter au quotidien

La quadrature du cercle se situe ici : je pense à ces participants à la retraite qui rentrent chez eux avec, certes, un bon souvenir de la cuisine végétarienne, mais qui ne pourront renouveler cette expérience que s’ils disposent des outils appropriés pour reproduire les menus dont ils auront bénéficié.

Je pense par extension à tous les lecteurs de ce blog qui, végétariens ou pas, voudraient profiter de conseils et de recettes végétariennes leur permettant d’expérimenter cette manière de se nourrir, puis de l’adopter : un jour, une semaine, toute une vie…

Le défi : adapter ces recettes à la dimension familiale d’ici fin décembre

Ainsi, le défi sera d’adapter les 50 recettes végétariennes à une dimension familiale, pour quatre personnes.

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Un plat de plus prêt à partir en salle

Adapter les recettes présente un grand challenge pour moi :

  • Je cuisine habituellement pour des dizaines (ici pour des centaines) de personnes et il devient nécessaire de prévoir ces recettes pour un cadre plus restreint.
  • Avec l’expérience, je fais ces recettes spontanément, simplement avec une liste d’ingrédients, si bien qu’il me faudra formaliser clairement les différentes étapes de préparation.
  • La cuisine communautaire permet d’ajuster les goûts au fur et à mesure. Pour quatre personnes, les quantités de sel, d’épices… doivent être parfaitement exactes.
  • Le rythme des repas n’est pas le même : lors d’une retraite, les participants mangent en silence et les plats s’enchaînent rapidement. Dans les familles ou en recevant des amis, le repas se prolonge et nous sommes plus susceptibles de nous resservir lorsque nous restons longtemps à table ; cette composante doit être prise en compte.

Rendez-vous donc dans quelques mois pour vérifier si le défi est réussi

J’informerai régulièrement les lecteurs de ce blog du déroulement de la retraite, à travers des photos et des témoignages, ainsi que des avancées du défi.

Donnez moi vos impressions dans les commentaires.
Etes vous intéressés par un tel défi ?